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Les chenilles processionnaires : un fléau pour nos forêts

25/02/2016

 

 

 

Qui se promène régulièrement en montagne dans le Sud de la France a déjà croisé ces cocons blancs, soyeux, accrochés au bout des branches des pins et ces longues enfilades de chenilles qui traversent les chemins : il s'agit des chenilles processionnaires.

Nous allons vous les présenter, mais surtout vous parler du danger qu'elles représentent pour les arbres qu'elles choisissent pour s'établir, mais aussi pour les randonneurs et leurs chiens.

 

1. Qui sont-elles ?

 

Elles sont les larves d'un papillon de nuit.

 

Leur nom complet est "chenilles processionnaires du pin" :

- "processionnaires" car lorsqu'elles se déplacent, elles se suivent collées les unes aux autres en longues files indiennes. Chaque file peut compter plusieurs centaines de chenilles ;

- "du pin" car la femelle papillon dont elles sont issues choisit les pins (maritimes, sylvestres, d'Alep...) pour y pondre ses oeufs car leurs aiguilles permettront de nourrir les futures chenilles.

Chaque femelle pond 150 à 300 oeufs qu'elle dépose par paquets sur les rameaux ou les aiguilles du pin.

 

Les chenilles processionnaires sont brunes avec des taches orangées et sont recouvertes de longs poils urticants (jusqu'à 1 million par individu !). 

 

Elles sont essentiellement présentes sur le versant Sud des montagnes.

 

 

2. Quel est leur cycle de vie ?

 

Une fois éclos, pendant l'été, les papillons s'accouplent et pondent leurs oeufs sur un pin avant de mourir (la durée de vie de ces papillons est de quelques jours).
Les larves (les chenilles) se développent jusqu’au printemps dans un cocon de protection en soie dont elles sortent pour manger la nuit : Elles se déplacent en produisant un fil de soie qui leur permet de retrouver le chemin du nid.
Au printemps (ou dès la fin de l'hiver dans les régions du Sud), elles descendent du pin en procession pour trouver un coin de terre ensoleillé et s’y enterrer (entre 5 et 20 cm sous terre).
La transformation en chrysalide puis en papillon et l'éclosion peut se faire plusieurs mois à plusieurs années après l’enfouissement.
Et le cycle recommence.

 

3. Sont-elles dangereuses pour le pin ?

Oui !

 

 

En se nourrissant des aiguilles du pin, la présence de nids provoque un affaiblissement important des arbres :

Normalement, une défoliation même totale ne provoque pas la mortalité de l'arbre atteint. S'il est traité, l'arbre récupère en quelques années.

Mais au dernier stade, lorsque l'arbre supporte plusieurs nids et ce depuis plusieurs années, il peut mourir.

 

4. Sont-elles dangereuses pour l'homme ?

Oui !

 

Comme nous l'avons vu, les chenilles processionnaires sont recouvertes de poils urticants et allergisants.

La survenue de l'irritation n'implique pas nécessairement un contact direct avec les insectes :

Leurs poils se détachent très facilement dès que la chenille est inquiétée ou excitée et peuvent être emportés par le vent. Lorsque le poil se brise, dès le premier contact avec la peau ou une muqueuse, la substance qu'il contient se libère et provoque de vives démangeaisons et des réactions allergiques (mains, cou, visage), des troubles oculaires ou respiratoires, et dans les cas les plus graves des oedèmes de Quincke ou des chocs anaphylactiques.

 

Il faut savoir que ces poils sont très présents dans les nids en soie puisque deux mues y sont effectuées et qu'ils peuvent rester urticants pendant plusieurs années : Il est donc dangereux de manipuler un nid même vide.

 

En cas de contact, il faut consulter un médecin en urgence.

 

 

 

5. Sont-elles dangereuses pour les animaux (chiens, chevaux, moutons...) ? Oui !

 

L'animal peut lècher ou toucher une chenille vivante, morte ou juste un nid avec son museau. Il peut aussi avoir marché sur la file, ce qui va irriter ses pattes : il va alors chercher à se lécher et ainsi répandre les poils sur sa langue.

Les effets peuvent être désastreux : ils se mettent à baver puis la langue gonfle et se tuméfie.

 

Les cas les plus graves sont alors :

– le choc anaphylactique qui peut gêner sa respiration et tuer l’animal.
– la nécrose de la langue : l’inflammation et l’infection qui suit attaquent la langue et la détruisent obligeant souvent le vétérinaire à en enlever un morceau voire à euthanasier l'animal concerné qui ne peut, alors, plus se nourrir.

 

En première urgence, le plus important est d'avoir le réflexe de rincer la langue et la cavité buccale à l'aide d'eau et de ne surtout pas frotter, ce qui briserait les poils urticants de la chenille et qui libérerait ainsi plus de toxines, aggravant l'état de l'animal (source : wikipedia). Attention : Ne vous risquez pas à nettoyer la gueule ou la peau de votre animal sans gants ou protections car les poils restent actifs si vous les touchez !

 

L'action rapide du vétérinaire est vitale. Il donnera des anti-inflammatoires, anti-histaminiques et antibiotiques puissants, mais ne sera peut-être pas capable de sauver l'animal si le contact a été trop important.

 

6. Comment éradiquer les chenilles processionnaires ?

 

La lutte contre les chenilles processionnaires est un combat de longue haleine, car il n'existe aucun moyen de se débarrasser définitivement de ces chenilles.

Les traitements sont à refaire chaque année. En effet, même si l'on détruit toutes les chenilles vivantes sur une parcelle, les arbres seront ré infestés l'année suivante par :

- des papillons pouvant provenir de plusieurs kilomètres (un papillon peut voler jusqu'a 25 km) ;

- des chenilles peuvant être restées enfouies dans le sol plusieurs années.

 

Les moyens de lutte varient selon le cycle de vie de l'insecte :

 

Eradication des nids :

> Lutte mécanique (ponctuelle) : Couper et brûler les branches porteuses de nids sur des arbres facilement accessibles. Il faut alors se protéger soigneusement contre les risques d'urtication (combinaison, masque, lunettes, gants) ou faire appel à des professionnels.

 

Eradication des chenilles :

> Lutte biologique : Favoriser l'installation de prédateurs (mésanges, coucous), de parasites (le calosome) et de champignons (cordiceps).

> Le piégeage (ponctuel) : il existe un produit (Ecopiège) qui piège les chenilles au moment où elles descendent de l'arbre. Ce procédé nécessite un piège par arbre, placé sur le tronc, puis l'incinération des insectes capturés après leur descente. Pour en savoir plus, consultez le site de la mésange verte.

 

Pour les grandes surfaces, il existe certains produits phytosanitaires que l'on peut épandre par des moyens aériens, notamment le bacillus thuringiensis qui est une bactérie qui attaque le système digestif des chenilles. Cette molécule est homologuée en agriculture biologique car elle est naturellement présente dans les sols. Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien.

 

 

7. Une pétition a été lancée

 

Enfin, une pétition a été lancée pour alerter les pouvoirs publics de l'infestation des forêts maralpines et demander le traitement des arbres.

Nous l'avons signée et invitons ceux d'entre vous qui sont convaincus qu'il faut agir à la signer et à la partager.

Lien vers la pétition

 

 

 

 

 

 

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