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Ce que la toponymie nous apprend de l'arrière-pays Grassois

18/05/2016

 

1. La toponymie, qu’es aquo ?

 

La toponymie est la science des noms de lieux (du grec topos « le lieu » et onoma « le nom ») :

  • De topos ont dérivé la topographie (science des cartes) ou la topologie (branche des mathématiques étudiant les formes, pour faire simple) ;

  • D’onoma ont dérivé les onomatopées (catégorie des interjections en linguistique) ou l’onomastique (branche de la lexicologie qui a pour objet l'étude des noms : leur étymologie, leur formation, leur usage à travers les langues et les sociétés).

La toponymie est donc une science à la croisée de la linguistique, de la géographie et de l’Histoire.

Elle étudie les noms des villes, des lieux-dits, des montagnes, des cours d’eau, etc… Ceux-ci sont le résultat d’une occupation des terres par toute une succession de peuplades. 

 

 

 

2. Quelles sont les grandes origines linguistiques de la Provence ?

 

 

Les noms de lieux de Provence découlent directement de l’origine de ses occupants successifs :

 

  • Les formations prélatines, très anciennes :

    Dès le Paléolithique, l’Homme a vécu en Provence comme en témoignent les fouilles réalisées dans la Grotte de la Baume Bonne (à Quinson, dans le Verdon) et qui révèlent une présence humaine datant d’il y a 400.000 ans.

    Au Néolithique (à partir de -4000 ans avant JC), l’occupation s’est encore intensifiée : l’homme a laissé des gravures (par exemple celles de la vallée des Merveilles dans le Mercantour), des dolmens (comme celui de la Pierre de la Fée à Draguignan) et des mégalithes (par exemple ceux des collines de Mons dans le Var).

    Le langage de ces premiers hommes, dit « pré-celtique » a fourni un socle important des noms de lieux.

 

 

 

  • Les formations grecques :

    Vers 600 avant JC, le littoral Provençal a été occupé par les Grecs. Ainsi, Nice découle de « Nikaia » ou Antibes d’ « Antipolis ».

 

  • Les formations latines :

    A partir de 200 avant JC démarre la conquête romaine : La présence des romains durera jusqu’au Vème Siècle après JC (chute de Rome). De cette longue occupation vient un large héritage linguistique.

    Le nom de « Provence » vient d’ailleurs du latin « Provincia » (Pro + Vincere : territoire soumis). L’ensemble des termes latins a fortement contribué aux racines de l’occitan.

 

  • La strate germanique :

    La Provence a également été l’objet de nombreuses invasions germaniques (Wisigoths, Ostrogoths, …) qui ont laissé quelques noms atypiques pour la région.

 

  • Les formations occitanes et provençales :

    A partir du Moyen-Age se sont développé l’occitan et le Provençal qui se différencieront vraiment au XVIème Siècle.

    A cette période, la religion et l’organisation féodale de la société vont fortement impacter les noms des villes :

    • L’empreinte religieuse a notamment essaimé un nombre conséquent de village s’appelant « Saint-…. » ou « Sainte-…. » ;

    • L’organisation féodale se voit encore dans les noms dérivés des « châteaux » (« castel… ») et de leurs « tours » (« tourrettes…. »)

 

 

 

Mais on verra aussi apparaître des noms liés aux caractéristiques des sols, aux exploitations, aux activités industrielles, aux infrastructures ou aux animaux que l’on y rencontre.

 

 

3. Déclinaison à l’arrière-pays Grassois 

 

 

Ainsi, dans l’arrière-pays Grassois, nous retrouvons ces différentes origines :

 

  • Les formations prélatines, très anciennes, reflètent le caractère rocheux de l’arrière-pays :

    • Les racines en Cal-/Car-/Cr-/Kor- désignent la pierre, très présente dans les plateaux calcaires de l’arrière-pays (Calern, Caussols). Elles se retrouvent aussi dans le Cheiron, Courmes, Coursegoules, Caille, Escragnolles et Gourdon.

    • Les racines en Tar-/Tor-/Tur- ont par exemple donné Thorenc et évoquent « la pierre, le rocher ».

    • De nombreuses racines désignent les hauteurs : Sar- a par exemple donné Séranon

    • « Bau » ou « Baou » dérivent du préceltique « bal » qui signifie « escarpement » : on reconnaitra ainsi l’origine du massif du Bauroux (longue barre rocheuse) mais aussi les Baous, immenses pitons rocheux de l’arrière-pays Niçois (baou de St Jeannet, Baou des Blancs, etc…).

 

 

  • Les formations latines :

    • Cipières évoque une marque de jalonnement sur une route antique : Ce nom dérive du latin « cipparia » qui signifie « stèle marquant une limite ou une borne »

    • Certains domaines privés se sont appelés du nom de leur propriétaire romain : ainsi « Crassus » a donné Grasse.

 

 

  • Les formations plus récentes, datant du Moyen Age :

    • « Tourrettes » dérive des « tours » des chateaux seigneuriaux : D’où Tourrettes-Sur-Loup dans les Alpes Maritimes ou Tourrettes dans le Pays de Fayence.

    • La présence de chateaux se révèle aussi au travers des racines « château » ou « castel ». Par exemple avec le « Castellaras » de Thorenc ou dans les Alpes de Haute Provence « Castellane ». La clue de « Tracastel » dérive du préfixe provençal « tra-» qui signifie « entre, parmi » et de « castel » qui évoque peut-être au lieu de château les immenses parois rocheuses qui bordent l’Estéron.

    • L’imprégnation religieuse chrétienne du territoire se révèle au travers une multitude de nom de lieux et de villes commençant par « Saint » :

      • Le plateau de Saint-Barnabé

      • Saint-Vallier-de-Thiey : « Vallier » dérivant de « Valerius », premier évêque d’Antibes au Vème Siècle.  

      • Saint-Auban : « Auban » dérivant de « Albanus », martyr anglais du IIIème Siècle.

    • Certains noms de lieux résultent des noms des animaux qui s’y trouvent :

      Gréolières vient ainsi du latin « graulus » (la corneille) + « arias » suffixe fréquentatif. Gréolières est donc un « endroit où il y a des corneilles ».

 

Si ce sujet vous a intéressé, nous vous recommandons la lecture du livre « Toponymie Provençale » de Bénédicte Fénié, qui a servi de base à cet article.

 

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