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Philippe, paysan de la Roya

26/04/2017

 

 

Nous avons découvert la bergerie de la Roya l’année dernière, à l’occasion de nos premières randonnées dans la vallée de la Roya sur les hauteurs des villages de Saorge et de Libre.

 

A cette époque, nous nous étions intéressés à l’histoire de cette vallée, à son identité si particulière et aux efforts que déployaient ses habitants pour faire perdurer ses traditions.

 

Leur mobilisation pour préserver la race des brebis brigasques nous avait paru être un sujet intéressant à présenter et nous avions ainsi découvert toute une chaine d’acteurs impliqués dans la valorisation de ce que produisent ces brebis c’est-à-dire le lait (transformé en fromages) et la laine (transformée en tapis, en tissus et en chapeaux).

 

 

De retour cette année en Roya, nous avons voulu nous rendre à la bergerie de Roya, à la rencontre de Philippe et Alicia pour qu’ils nous parlent de leur métier de berger, d’éleveur et de paysan, mais aussi de leurs brebis et de leur vie sur les flancs de la montagne.

 

 

 

 

Atteindre leur bergerie se mérite : leur maison est nichée sur les hauteurs d’une longue vallée éloignée, à l’Est de Tende. On n’y parvient qu’à pied, après un quart d’heure de marche sur un sentier de randonnée. Au-dessus d’eux, il n’y a que la montagne. Un large cirque, rude et sauvage, immense. Et pas un seul voisin à l’horizon.

 

Ce sont d’abord les chiens qui sont venus à notre rencontre, une dizaine, des patous, des borders, … Notre Iliade n’en mène pas large…  Puis les chevaux. Et enfin Philippe.

 

Etonnés par cet isolement radical, nos questions se sont finalement concentrées sur ce choix de vie dans un environnement sublime mais exigeant au quotidien : L’isolement n’est-il pas difficile à vivre ? Comment se passent les hivers, coupés du monde par la neige ? …

 

 

La vie à la bergerie…

 

 

 

 

La bergerie vit de sa production de fromages (brebis et vaches) et d’œufs.

 

Ces produits sont vendus sur le marché local de la Brigue et le mercredi matin sur le marché de Tende, mais on peut aussi les déguster dans les restaurants de la vallée (comme La Fleur des Alpes et l’Auberge Saint Martin) ou les acheter sur la boutique en ligne « Bio du Pays ».

 

 

 

 

 

 

 

A voir l’environnement exceptionnel dans lequel les bêtes passent leurs journées, ces fromages sont bien loin des produits aseptisés que l’on trouve dans la grande distribution.

 

 

 

 

 

Philippe nous explique que ses bêtes dorment chaque soir à la bergerie, notamment à cause des loups dont il a eu à subir plusieurs attaques au début de son installation. La majeure partie de son cheptel est constitué de brebis corses, plus robustes et moins gourmandes que les brigasques. Mais la bergerie abrite aussi des vaches, des chèvres, des chevaux, un cochon et des poules.

 

 

 

 

Et l’isolement ?

 

 

Cette solitude est choisie.

 

La bergerie n’est pas non plus totalement coupée du monde puisqu’un quad permet de relier la route de la Brigue et qu’internet permet aujourd’hui de communiquer en direct.

 

Par ailleurs, Alicia et Philippe pratiquent le wwoofing, ce qui leur permet de recevoir chez eux des voyageurs de tous horizons.

 

 

Qu’est-ce que le wwoofing ?

 

 

« wwoof » signifie « World Wide Opportunities on Organic Farms ». Pour faire simple, leur bergerie fait partie d’un réseau mondial de fermes bio où les hôtes proposent d’accueillir des personnes qui souhaitent partager leur savoir-faire, leur quotidien et leurs activités. Attention, il ne s’agit pas de vacances à la ferme : le gîte et le couvert sont fournis en échange de travail effectif sur l’exploitation.

 

Si ce concept vous intéresse, vous trouverez tous les renseignements sur le site suivant :

http://www.woofing.fr/

 

Cette activité leur a permis de rencontrer des personnes venant de plusieurs pays du monde et des profils très variés, tant en terme d’âge, de profession ou de caractère. Chaque rencontre est une découverte ! Et certains wwoofers qu’ils ont hébergé sont devenus des amis.

 

Philippe nous explique que cette vie correspond à ce qu’il est : libre, authentique.

Quand on regarde autour de nous le panorama sauvage qui accompagne ses journées, on le comprend.

 

 

 

Mais les difficultés ?

 

 

Cette vie n’est pas qu’un long séjour idyllique dans le jardin d’éden : pure et proche de la nature…

 

Les hivers, notamment, sont rudes à cette altitude (1200m) avec de la neige 4 à 5 mois par an, l’eau qui gèle dans les canalisations et l’impossibilité de descendre dans la vallée pendant plusieurs semaines…

 

Les enfants aussi seront un jour un sujet : pour le moment, ils sont encore tous petits, Alicia et Philippe assurent les cours. Le unschooling leur semble être la meilleure solution, celle qui se rapproche le plus de leur façon de vivre et également de leur vision de l’éducation. Leurs enfants s’éveillent dans un environnement exceptionnel, en pleine nature et au milieu des animaux, au contact du réel et loin, très loin, du formatage qu’impose l’école. Mais comment se passera plus tard leur adaptation à l’école, au collège et aux autres ?

 

 

Après avoir fait le tour de la bergerie, nous quittons Philippe, et repartons en redescendant le chemin caillouteux. Cette rencontre nous a beaucoup fait discuter sur la détermination de ce couple d’aller au bout de son rêve, coûte que coûte, si loin de la sécurité et des routes bien tracées que recherchent l’immense majorité des gens… 

 

Nous ne pouvons que leur souhaiter de continuer longtemps encore à vivre heureux dans leur vallée du bout du monde.

 

 

 

Pour tous ceux qui veulent suivre le quotidien de la bergerie, vous pouvez les retrouver sur Facebook...

 

 

 

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